Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

Whooz : Michaël Mention
ON : Bienvenue à Cotton’s Warwick - Ombres noires, 2016

Apocalypse maintenant

Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

Chronique de François C

Argument*. Australie, Territoire du Nord. Dans l'Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l'autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations.

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« Dans la solitude des champs de Cotton's Warwick », tel était le titre spontané qui s'était imposé à moi pour cette chronique à la lecture des premières pages de « Bienvenue à Cotton's Warwick ». Un titre boutade mais répondant à un premier constat, celui de la solitude des habitants du bourg australien de Cotton's Warwick lieu de l'action du roman de Michaël Mention.

A la lecture des 50/60 premières pages quelques questions se sont imposées à moi : Pourquoi l'Australie ? Quel est l'intérêt des personnages ? Quel est l'intérêt de l'histoire ? Pourquoi continuer la lecture de « Bienvenue à Cotton’s Warwick » ?

Kan-ga-roo. « Kan-ga-roo » en langue aborigène (à l'origine de l'attribution du nom de l'animal par les colonisateurs) se traduit par « je ne comprends pas ». Que n'ais-je donc pas compris, à la lecture des premiers chapitres de « Cotton's » ? Ou qu'ais-je cru comprendre ? En fait il ne s'agissait pas d'un problème de compréhension mais d'un problème d'appréhension. D'appréhension d'un côté « fake » et/ou « too much » des premières situations décrites dans le livre avec son climat et ses personnages qui semblent ne rien a avoir envier au « Délivrance » de John Boorman. D'appréhension avec cette possible apparition d'un razorback qui plongerait alors le livre dans une intrigue en hommage au film éponyme de kkkkkk. Dans quelle direction  Michaël Mention se dirige-t-il ? « Cotton's » est-il réaliste, ou fantastique ? (Question subsidiaire : Ne pas savoir où va l'auteur est-il rédhibitoire à la la lecture de son livre ? (la réponse est évidente : non))

Pourquoi continuer la lecture ? Pour vérifier le titre que j'avais appréhendé ! Car Michaël Mention est un auteur qui a accordé une interview découverte fleuve à www.Whoozone.com, et qu'il avait enthousiasmé Eppy Fanny (la « Free Lance » de Whoozone, selon ses propres mots) avec son « Sale temps pour le pays » (Rivage Noir) ! WHY NOT !

Motivation. Je voulais découvrir le petit théâtre de Michaël Mention. Là où il ne se passe rien, et donc où il se passe forcément quelque chose. Je voulais continuer cette lecture car je me doutais que derrière les mots c'est aux maux de la société auxquels le romancier s'attaquerait avec ces personnages peu aimables et cette histoire lente où l'on découvre une série de morts suspectes. Forcément.

Qu'ai-je découvert ? Que ce roman mérite qu'on s'accroche un peu !

Que l'on s'accroche un peu pour vérifier que « Cotton's » joue sur une thématique très actuelle : La révolte de la Nature. Et quoi de mieux que la révolte de la Nature pour observer la Nature humaine !

Et « Cotton's Warwick » est devenu pour moi une véritable claque.

Une claque dont la lecture fut éprouvante.

Une claque qui répond à sa propre logique.

Une claque totalement maîtrisée dans sa forme par Michaël Mention.

Une bombe à retardement par sa prégnance après sa lecture. 

On comprend alors que l’Outback australien (autrement dit, les territoires du Nord australien) soit le théâtre idéal des opérations même si l'Australie proposée ici par Michaël Mention est composite, bâtie entre fantasme et réalité. Que les personnages sont forgés par l'environnement dans lequel ils vivent (entre eux) et que le décès du premier personnage fasse basculer l'équilibre du groupe tenu par Quinn. Que ce livre est un jeu sur les codes de la Littérature et du Cinéma de genre. « Cotton's » rend ainsi hommage à « Mad Max » (Georges Miller - 1979), « Razorback » (Russell Mulcahy - 1985), « Massacre à la tronçonneuse » (Tobe Hooper - 1974) ou encore aux « Oiseaux » d'Alfred Hitchcock (ici, des kookaburras), mais également à Joseph Conrad (« Au cœur des ténèbres »), Douglas Kennedy (« Cul-de-sac ») ou Ernest Hemingway. ET que « Cotton's », roman noir majeur, peut bien évidemment être vu comme une allégorie de notre société. 

 

Michaël Mention sur WHOOZONE.COM

Chronique d’Eppy Fanny

Sale temps pour le pays de Michaël Mention

 

* Pour aller plus loin

https://editions.flammarion.com/Catalogue/ombres-noires/bienvenue-a-cottons-warwick

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04/02/2020
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