L’ange rouge de François Médéline

L’ange rouge de François Médéline

Whooz : François Médéline
ON : L’ange rouge – La manufacture de Livres, 2020

L’ange rouge de François Médéline

Chronique de Bruno Delaroque

Un livre qui commence comme si on était au cinéma dans la grande salle du Kinepolis de Lomme avec un écran de 300m2. Une scène d'ouverture digne d'un film comme « Seven » ( David Fincher, 1995) où à la tombée de la nuit, un radeau porté par les eaux sombres de la Saône entre dans Lyon en trimballant un corps mutilé, une croix de bois et des torches. Tout de suite dans le bain, on devine une ambiance morbide et on sait que le voyage sera semé d'embûches sûrement, de cadavres aussi.

François Médéline frappe fort dès le début pour marquer son territoire et frapper les esprits. Finalement, nous aurons droit à 520 pages de pure folie par moment et on se demande si les flics ne sont pas plus chtarbés que le criminel qui est traqué.

L'affaire est confié au commandant Dubak et à son équipe de 6 enquêteurs avec entre autre Mamy accro aux bonbecs sucrés style Haribo, et Véronique, la procédurière rigoureuse, maman d'un fils handicapé et fragile,..... en sursis.....

Dubak est l'archétype du flic à problème, toxico ou ancien toxico, borderline en puissance et ancien alcoolo, bref un gros air de déjà vu quand même, sauf qu'avec notre auteur, et sa façon de raconter l'histoire, on a l'impression d'être dans sa tête, d'être lui, de souffrir et ressentir tout ; c'est précis et assez malsain.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec des flics ayant tous leurs problèmes, addictions diverses ou pathologies vicieuses. Malgré tout ils vivent pour et par leur métier et sont au service des uns et des autres pour faire avancer les recherches, même si quelquefois ils font cavaliers seuls et sortent des clous.

Ici on passe les suspects à tabac, on les secoue et pas qu'un peu, on utilise les bonnes vieilles méthodes (interdites) pour faire avouer ou soutirer du renseignement…

Et pourtant, malgré tout, au bout de 200 pages, rien, aucune piste. Il faut trois pages complètement remplies de questions pour bien montrer que les flics sont dans le flou, qu'ils n'ont rien, aucune piste, que dalle, juste des questions sans réponses et des suppositions. Effet de style garanti avec ces pages 204 à 207 !

Parlons-en du style justement. Notre auteur ne fait pas dans la dentelle. Son écriture est assez particulière. Nerveuse et je dirais « excitée », pardon pour ce mot. Elle me fait penser à une ligne d'électro cardiogramme qui saute d'un extrême à l'autre sans arrêt. Personnellement je ne suis pas fan et cela m'a plutôt dérangé. J'ai trouvé cela fatigant. Ce n'est que mon humble avis et je suis certain que d'autres trouveront cela formidable et incisif.

Dans ce polar survitaminé qui se déroule en 1998, on traite beaucoup de sujets, le foot, l'intégration, les différents extrêmes, les jeux de pouvoirs et d'influence que permettent argent et politique, désillusions diverses, milieux pop art, individus en errance et en marge de la société. Et  pour trouver un peu de réconfort il faut aller dans les bouchons et bistrots de cuisine lyonnaise, le rendez-vous des potes pour se ressourcer et engranger optimisme et chaleur ou tout simplement pour se nourrir.

Oui ce roman très noir, servi par une plume « particulière », ne peut pas laisser indemne, il dérange, il interpelle, et il donnera des aigreurs d'estomac au lecteur. Il louche ouvertement vers les grands romans noirs made in States que l'on connaît bien et François Médéline ne se rate pas et envoie du lourd avec  « L'Ange Rouge ».

Il vous faudra tenir le choc et absorber ces 520 pages musclées et psychédéliques pour découvrir qui est le tueur à l'orchidée. A lire au coin du feu avec un bon cigare ou un digestif, ...ou les deux, mais pas la nuit avant de s'endormir sous peine de cauchemarder !

 

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22/10/2020
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