Ange de Philippe Hauret

Ange de Philippe Hauret

Whooz : Philippe Hauret
ON : Ange – Jigal Polar, 2020

Ange de Philippe Hauret

Chronique de Bruno Delaroque

La première fois que j'ai découvert Philippe Hauret, c'était avec « Je vis je meurs » (Jigal, 2016). Bienveillant et sceptique à la fois je fus, vis à vis de ce nouveau venu qui essayait de devenir écrivain. Cinq bouquins plus tard, je mesure l'immense chemin parcouru par Philippe Hauret au point de devenir en cinq titres, un des piliers les plus solides de la maison d'édition Jigal.

Une fois de plus il nous livre un pur roman noir avec des personnages profonds bringuebalés par le tourbillon d'une vie qu'ils finissent par ne jamais maîtriser. Avec talent et une jolie touche humoristique, un seul chapitre suffit pour nous présenter son « Ange » et décrypter maux et travers de la société repérés par un œil de plus en plus acéré.

L'auteur est en pleine forme et met son intrigue en place rapidement tout en donnant ici et là quelques coups de canifs bien sentis. La place de la femme en 2020 et la dictature de la plastique parfaite, les nouveaux riches, les parvenus, et le monde vicelard des talks show de la télé dont le seul Dieu se nomme Audimat.

L'appât du gain rapide, briller à travers la petite lucarne peut quelquefois faire et défaire des destins, décider d'une vie ou l'enterrer en précipitant sa chute. Stars de pacotille fabriquées de toutes pièces par des animateurs à l'ego surdimensionné, c'est un monde veule et abject, bien loin des paillettes que va découvrir Ange.

Abrutir le téléspectateur est un job sérieux, et ce n'est pas donné à tout le monde de le faire sans aucun état d'âme. Utiliser puis jeter c'est un métier !

Cela est fait avec beaucoup d'humour puisque vous croiserez Michel Dequaine, Thierry Tomasson, Dany Moon, Laurent Lutier, Thierry L'hermitte, Eve Angelo et Ciryl Hanana. Ces « légères » déformations m'ont bien fait rire !

Ange et Elton, son pote d'enfance avec qui elle partage un petit appartement, vont apprendre à leur dépend que lorsque l'on commence un truc foireux, on finit toujours par payer une addition qui peut s'avérer lourde.

J'ai adoré cette histoire dont les héros sont des naufragés permanents, cherchant à atteindre le Graal d'une vie meilleure et sans soucis. Ces écorchés vifs qui ne mesurent pas tout à fait les conséquences de leurs actes sont en quelques sortes la marque de fabrique d'un Philippe Hauret. Il met en scène comme jamais des gens ordinaires écrasés par le poids d'une existence bien souvent misérable.

Avec beaucoup d'empathie et de sincérité, il brosse un tableau peu reluisant de notre belle société(Lidl, nouvelle chaîne esclavagiste), et nos protagonistes, aux vies parsemées de solitudes et de galères, restent combatifs et attachants grâce à une infime lueur qui s'appelle l'espoir.

Ah que ce roman est bon. Son seul défaut est de se lire très vite, trop vite, mais je trouve qu'avec ses deux derniers romans, Philippe Hauret, l'Ecrivain change de dimension et de statut, le genre qui laissera une empreinte et dont on parlera encore longtemps après.


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En moi le venin de Philippe Hauret

Chronique de Bruno Delaroque



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28/10/2020
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