La Bible perdue d'Igor Bergler

La Bible perdue d'Igor Bergler

Whooz : Igor Bergler
ON : La Bible perdue – Fleuve Noir, 2020

La Bible perdue d'Igor Bergler

Chronique de Bruno Delaroque

Le premier mot qui me vient à l'esprit pour parler de ce titre d'Igor Bergler est : «complexité ». J'ai rarement eu l'occasion de lire un auteur roumain et si je me souviens bien je n'en avais pas rencontré depuis Polar Lens en 2014 avec Georges Arion. Cela m'amène à remercier les éditions Fleuve Noir pour avoir décidé de publier en France cet auteur à découvrir absolument.

Cette « Bible perdue » est un livre passionnant et monstrueusement documenté, certains diront trop même, mais ce gros pavé de 582 pages est vraiment une réflexion profonde sur l'histoire de l'Europe centrale depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours.

Alors oui, par moment c'est un peu rébarbatif, très historique, mais on ne peut reprocher à l'auteur de donner de la consistance et du propos à sa théorie et à son scénario. Ne dit on pas que le diable se cache dans les détails ?

Et je vous assure que dans ce récit, cela prend tout son sens.

Un professeur américain, Charles Baker de l'université de Princeton donne une conférence en Transylvanie lorsqu'il est interrompu par la police roumaine. Il est convié sur la scène d' un crime rituel particulièrement horrible. C'est là qu'il rencontre aussi Christa Wolf d'Interpol qui semble avoir insisté pour le faire venir.

A partir de ce moment là, c'est à dire le deuxième chapitre, vous aurez bien du mal à lâcher le livre.

Il faut dire que le professeur est un sacré personnage, un érudit brillant et omniscient, pétri d'habitudes et de certitudes. Epicurien et aimant le luxe, il a ses entrées un peu partout, que ce soit dans les hôtels de luxe qu'il fréquente ou à l'ambassade des Etats-Unis. Il peut compter aussi sur un réseau de relations et d'amis fidèles, toujours disponibles pour lui prêter main forte.

Pas beaucoup de temps morts dans cet opus où plus on avance, plus des questions se posent et plus les cadavres s'amoncellent. C'est une sacrée plongée dans l'histoire de l'Europe centrale et une espèce de course poursuite contre la montre qui s'offre à nos yeux de lecteur. J'avoue avoir été séduit et impressionné par une telle richesse de faits historiques et de noms, par l'étalement de l'histoire sur plusieurs siècles et par la façon qu'à l'auteur de la raconter.

On ne s'ennuie pas franchement et on se cultive. Entre religions, ésotérisme, légendes urbaines, vampirisme, évolution de l'Europe qui n'existe pas encore ; avec des personnages aussi variés que Vlad Tepes (le supposé Dracula), Jack l'éventreur, les papes, l'avènement de l'imprimerie avec Gutenberg, les ordres maçonniques, les Templiers ou bien d'autres....Tout cela pourrait faire passer les Giacometti Ravenne pour de la soupe !

Destin de l'humanité aux mains de personnes éclairées ou de fous tragiques, érudition et imagination foisonnent dans ce roman. Entre Ombres et lumières, cette aventure chevaleresque s'inscrit dans la lignée des Da Vinci code, Indiana Jones ou encore celles de La Sigma force de James Rollins (publiées chez Fleuve également). On est dans cette lignée ou le spirituel se mêle au divin, où la foi joue un rôle important et où nos héros sont perpétuellement en danger.

Chasses aux trésors, gadgets technologiques à la James bond, meurtres sanglants, vous croiserez dans ce scénario une foule de protagonistes bizarres et attachants comme ce Ledvina, résidu fantasque de l'ancienne guerre froide et électron libre shooté à la croyance vampire.....

Sauver le monde, combat du bien contre le mal, coté obscur, c'est un éternel refrain et notre professeur et ses alliés temporaires auront fort à faire à travers le monde pour lutter contre ce complot. Mais qui est réellement de son côté ? Amis ou ennemis, qui est qui ?

Moi j'ai adoré ce livre, même si certains passages m'ont semblé un peu longs ou laborieux. Avec le recul, je suis très heureux de cette découverte et je remercie vraiment les éditions Fleuve pour l'envoi de ce manuscrit ; cette Bible. Quel pied !

Je les encourage vivement à publier d'autres aventures de Charles Baker puisqu'il paraît qu'il y en a d'autres et ce serait dommage de s'en priver !

Une mention spéciale à la traductrice Laure Hinckel qui a dû suer de grosses gouttes pour traduire et rendre digeste cet énorme pavé.

Bravo à toute l'équipe !


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02/12/2020
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