Tarmac Blues de Gérard Carré

Tarmac Blues de Gérard Carré

Whooz : Gérard Carré
ON : Tarmac Blues – Jigal Polar, 2021

Tarmac Blues de Gérard Carré

Chronique de Bruno Delaroque

Tarmac Blues de Gérard Carré est une toute nouvelle publication chez Jigal Polar. Ici, point de blues ou d'états d'âmes en pagaille, c'est plutôt Rock n' roll, musclé, et l'auteur connaît la musique. Il sait comment attraper le lecteur dans ses filets dès le départ et ne plus le lâcher.

A peine le temps de faire la connaissance de Léonard Delevigne et Salomé, que ça part pied au plancher. En même temps, cela n'est pas très surprenant de la part d'un scénariste habitué à l'écriture de séries télés très connues comme « Engrenages » ou « Caïn » . Rythme et mise en scène font partie de son ADN .

Après, passer d'un scénario télé à un livre et /ou vice-versa n'est pas forcément le même exercice. J'ai lu quelques livres écrits par des scénaristes( Marpeau, Scalèse) qui ne m'ont pas franchement emballés, m'indiquant bien par là qu'on n'était pas dans le même registre. A leur décharge, je suis peut-être mal tombé.

Ici, aucun doute, le roman est formidable et comme le dit la fiche de presse : « Gérard Carré a de l'or noir dans les mains ». Je valide à 1000%.

Ce bouquin est une lutte pour la vie et protéger les gens que l'on aime, c'est une course contre le temps qui file trop vite quand on est dans l'angoisse, dans l'urgence et que le gros temps se déchaîne en événements contraires. C'est le moment des engagements et des décisions à prendre sans que l'on n'en ait vraiment le choix et cette spirale est « Carré »ment infernale !

Nous avons une galerie de personnages décalés ou marginaux, pittoresques et pathétiques allant du pire criminel psychopathe en passant par le flic ripou que l'on fait chanter. Nous avons également la baba cool de 70 piges restée bloquée aux années 60 ; l'infirmière maghrébine intégrée, des tueurs sortant de chez Tarantino et bien d'autres personnages qui peuplent ce roman absolument jubilatoire.

Toutes et tous ont leurs propres blessures infligées par les aléas d'une vie qui les a brinquebalés dans une douce folie.

Et puis sur le fond, Gérard Carré mets beaucoup d'ingrédients dans cette histoire. En un chapitre et quelques lignes l'auteur ravive les peurs présentes et passées d'une République frappée en plein cœur avec Le Bataclan et Nice. Il montre également avec Leila que l’ascenseur social que l'on dit souvent en panne fonctionne toujours même si être une femme arabe dans une Zup de banlieue demande encore plus de conviction et de force pour s'en sortir.

Ce scénario est l'occasion pour notre auteur de poser un regard juste et quelquefois acerbe, mais toujours bienveillant sur les maux de notre société. Sans avoir l'air d'y toucher, il fait le grand écart en parlant du génocide rwandais de 1994, des flux migratoires submersifs à venir, de la pédophilie et de l'incendie de Notre-Dame !

Juste une fenêtre avisée sur beaucoup de sujets, mais le trait principal est que ce monde ne tourne plus très rond à défaut de devenir complètement cinglé. Ajoutez à cela un questionnement permanent sur le rôle et la place de la femme au cœur de notre civilisation et vous comprendrez que ce scénario mené tambour battant n'est pas pour autant dénué de réflexions profondes.

Avec beaucoup d'humour, noir forcément, Gérard Carré fait passer la pilule. Qu'est ce qu'on se marre avec les bons mots de l'auteur : « sa gueule d’hémorroïdes en crise venait de le lui confirmer ». Dans le contexte, je me suis tapé une barre de cinq minutes en imaginant la tête du mec. Maxime Ladurie, quant à lui doit certainement être un cousin très proche du romancier....Je ne vous en dit pas plus.

Je ne peux qu'adouber ce roman et féliciter l'auteur pour le plaisir de cette lecture. Gérard Carré est bien un romancier avec ce titre là, et son métier de scénariste lui sert aussi bien visuellement que pour sa facilité à écrire une histoire addictive. Mon verdict ne vous surprendra donc pas :

- Coup de cœur pour le fond, l'humour et l'analyse de notre société.

- Coup de cœur pour les personnages à fleur de peau.

- Coup de cœur parce que ça ressemble à du 24h chrono.

- Superbe réussite et plaisir de lecture garanti pour cette parution Jigal Polar. What Else !


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10/03/2021
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