Rencontre avec Fabio M. Mitchelli

Whooz : Fabio M. Mitchelli
ON : En 2015 avec « La Compassion du Diable » (Editions Fleur Sauvage)

Rencontre avec Fabio M. Mitchelli

Rencontre avec un auteur vertigineux

« La Compassion du Diable » a été jugé par Gérard Collard comme étant « la quintessence du polar ». Véritable phénomène dès sa parution, « La Compassion du Diable » est un livre qui ne laisse pas indifférent. Rencontre avec son auteur.


Qui êtes-vous, Monsieur Mitchelli ?

Fabio Mitchelli, Écrivain, auteur de Thrillers. Je suis originaire de Vienne, dans l’Isère. J’ai été mis sur les rails de la littérature à l’âge de 15 ans grâce à Edgar Alan Poe et son « Assassin de la Rue Morgue ». Je suis passé ensuite à Stephen King, et j’ai découvert Maurice G. Dantec avec ses « Racines du mal ». Ça m’a donné l’envie d’écrire, et c’est ce que j’ai fait… j’avais alors 15 ans.

Mon premier écrit publié date de 2010 avec « La verticale du fou » aux éditions Ex-aequo. On était alors aux balbutiements des livres au format numérique. « Ex-aequo », la maison d’édition, a vendu mon ouvrage à 2euros90 environ, ceux qui voulaient découvrir le format numérique ont acheté mon livre, pour essayer leurs liseuses ! Ca a démarré comme ça, avec le bouche à oreille. « La verticale du fou » s’est retrouvé dans le top 3 des romans les plus téléchargés en 2011. Maintenant c’est beaucoup plus compliqué avec le piratage…


Pouvez-vous nous présenter votre bibliographie ?

2010/2012 – La trilogie des Verticales - Editions Ex-aequo

« La verticale du fou » (2010) fut le premier opus de la trilogie des Verticales, celle-ci sortie de 2010 à 2012, elle est toujours en vente d’ailleurs.

En gros, pour synthétiser, « La verticale » suit le parcours de Clarisse, une jeune femme qui en se réveillant prend conscience qu’elle est décédée. « La verticale » est une narration en prosopopée, avec un personnage décédé. Clarisse est morte, atrocement mutilée, sa conscience tourne autour de son corps. Que lui est-il arrivé ? Elle a été assassinée et tout apparaît autour d’elle, la police scientifique et son amant, Lieutenant de Police qui sera chargé de l’enquête.

« La verticale du fou » est une métaphore sur la vie qui parle à tout le monde. On a tous un égo qu’il faut flatter. Clarisse se souvient de sa vie, elle avait un côté méprisant, faisait attention à son image et se surexposait aux autres. Elle se rendra compte bien plus tard qu’elle est passé à côté de la chose la plus essentielle à la vie : l’amour.

Au long de ce récit une multitude de personnages viendra s’y greffer.

« A la verticale des enfers » (2011), le second volume de la trilogie, on sera sur la traque d’un tueur en série (il aura des liens avec la Clarisse de « La verticale du fou » qui reviendra en flash-back. On apprendra qu’elle était proche de ce serial killer).

« La verticale du mal - le dernier festin » (2012) est dernier opus de la trilogie, on est à L.A., c’est le final. Clarisse a « engendré », c’est ce que je peux dire ! « Est-ce que le mal se transmet ? » voilà la question que je pose. Et si l’on gratte au plus profond de nous, qui sommes-nous ? Si l’on cherche le plus mauvais en nous, qui sommes-nous réellement ? Sommes-nous aptes à contrôler nos instincts primaires ?

Avec « La verticale » j’ai cassé les codes du thriller tout en étant pas dans les codes du polar. C’est la plume de Dantec qui m’a influencé, inspiré surtout. Dans sa teinte, si l’on peut parler de teinte dans « le noir » ! Il y a d’ailleurs une fraternité dans les titres entre « La verticale du fou » et « La verticale du mal » (Dantec).


2011 - « Tueur au sommet » - Editions Ex-aequo

« Tueur au sommet » est un roman qui se passe en Savoie. Il s’agit de mon premier roman. Ce n’est pas un ouvrage que j’ai vraiment défendu. C’est un roman très noir à partir d’un fait divers arrivé à Grenoble avec torture et disparition d’enfant. Il a été écrit avant bien avant « La verticale ».


2013 – Le cercle du chaos - Editions Ex-aequo

C’est un thriller d’anticipation qui a manqué d’une bonne diffusion, ce qui m’a peiné. C’est une œuvre d’inspiration « Danteque » qui se déroule dans une France sur fond de guerre civile avec une secte, un gourou qui répand le chaos dès le début de mon livre. Il déclenche le chaos pour que différentes communautés s’affrontent. C’est la révolution des enfers avec des démons qui ne demandent qu’à sortir. On a une secte très « gentille » (genre hypnose et sophrologie) qui met tout le monde dans sa poche. Le pouvoir est renversé, avec un contrôle du pays et tout s’enchaîne très vite. Au final le projet étant bien plus sombre, avec l’idée de répandre un virus mortel au travers des populations mondiales...


2014 – La Compassion du Diable – Editions Fleur Sauvage

C’est le parcours d’un homme, Jeffrey Dahmer, tueur en série cannibale, nécrophile et nécrophage ! Je m’en suis inspiré pour de multiples raisons, et tout d’abord parce que je suis fasciné par ce personnage depuis plus de vingt ans ! Jeffrey Dahmer a été assassiné en prison par son codétenu. Depuis le début de « l’affaire Dahmer », en tant qu’écrivain je voulais écrire ce que je ressentais sur ce personnage sans en faire un énième roman. « La Compassion du Diable » c’est vingt ans de gestation, et trois années d’écriture.


Pouvez-vous nous parler de cette frontière entre réalité et fiction ?

Dans la réalité il se passe tellement de choses effroyables qu’on a du mal à les croire. J’évoque souvent Magnotta comme un criminel ayant dépassé Jeffrey Dahmer, en un seul meurtre ! Magnotta sera un point d’ancrage dans mon prochain roman, ce personnage aura un rôle clé dans ce récit qui se déroulera en partie à Juneau (Alaska) et à Montréal, et partagera « la vedette » avec Robert Christian Hansen, un terrifiant tueur en série. Le sujet principal de ce roman tournera autour de la résilience, une méthode thérapeutique utilisé en psychiatrie, vulgarisée en France par Boris Cyrulnik.


Quel est votre domaine d’inspiration ?

Le comportement humain, c’est sûr. Je me documente également sur ce qui a été dit, écrit et validé dans les domaines scientifiques, et dans bien d’autres domaines. Mais je m’intéresse surtout aux faits divers. Et j’ai également mon univers, mes fantasmes, mes phobies…


Quel est votre process d’écriture ?

Mon point de départ est une trame avec un point d’arrivée. Je connais tous les détails de mon histoire. Ensuite j’élabore un story board de mon histoire et constitue des fiches personnages. Je travaille à partir de docs sur des sujets qui m’ont touché. « Le cercle du chaos », par exemple, est la résultante d’événements de 2009, du tsunami, etc …

Le rythme est également essentiel en écriture. Ecrire, c’est ça.


Ce qui nous fait rebondir sur votre pratique de la musique, et sur le Jazz

Le jazz nous apprend que l’impro ne s’improvise pas ! Il faut suivre une grille, faire attention aux autres.


Quel sont vos projets ?

Je ne manque pas de projets. Mon prochain thriller sortira probablement fin mars 2016.


« La Compassion du Diable » est une aventure singulière, pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec les éditions « Fleur sauvage » et son directeur, Monsieur David Lecomte ?

Avant de rencontrer David Lecomte, j’étais en contact avec Gaylord Kemp, le bloggeur de « Du Bruit dans les Oreilles, de La Poussière Dans les Yeux (D.B.D.L.O.) » auquel j’avais soumis « Dolly’s bible » en avant-première. Ce dernier m’a contacté pour le collectif « Silencieuse Et Perfide », c’est comme ça que j’ai découvert « Fleur sauvage », attiré par la couverture de « La carne » (de Guy Lefebvre). Après discussion avec David Lecomte, l’éditeur, nous nous sommes rendu compte que l’on avait des tas de points communs en matière de littérature, des goûts similaires, et un parcours musical de par notre passé. L’aventure de la « Compassion du Diable » a ainsi pu commencer.

 

Enfin, évoquer « La compassion du diable », c’est également évoquer Gérard Collard

Gérard a eu un véritable coup de cœur pour ce thriller. Il en a fait une extraordinaire promotion, et notamment sur de nombreux plateaux télés, dont « Le magazine de la santé » sur France 5, ainsi que sur France Info, ce qui a permis au roman de se retrouver en très bonne place. Un joli coup de projecteur pour lequel je ne remercierai jamais assez Gérard Collard.

 


Pour aller plus loin

Chronique sur France5, le magazine de la santé :

http://www.allodocteurs.fr/livre/la-selection-du-14-11-2014_14840.html


Pour aller plus loin sur WHOOZONE.COM


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29/06/2015
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