Hommage à Georges Pernoud

Hommage à Georges Pernoud

Whooz : Georges Pernoud
ON : 1947 - 2021

Bon vents !

Hommage à Georges Pernoud

Georges Pernoud, le célèbre présentateur de « Thalassa », le magazine de la mer, est décédé le dimanche 10 janvier 2021, « des suites d'une longue maladie » à 73ans, a annoncé sa famille le lundi 11 janvier.

Georges Pernoud à fondé Thalassa en 1975 et en a assuré l'animation de 1980 à 2017. « Bon vent ! », ses mémoires, sont sorties en 2015. Respectivement, le Salon de Loos en 2015, puis le Salon de Bondues en 2016, ont accueilli le journaliste en représentation de son livre. Nous rendons hommage à Georges Pernoud en vous proposant une synthèse de ces rencontres.

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Rencontre avec Georges Pernoud
autour de Bon vent ! *


« Avec « Bon vent ! » je n'ai pas voulu faire un livre sur la télé. « Bon vent ! » est un livre où j'y décris mon parcours personnel, où j'y parle de mes rencontres. Je dis souvent que je voyage beaucoup, et que tous les pays sont beaux, ce qui les met tout en valeur ce sont les rencontres. On n'oublie jamais les belles rencontres. ». Georges Pernoud, rencontre*.

Des voyages. J'ai toujours eu le goût des voyages, faisant des petits boulots pour me les payer. Je n'ai jamais été doué en langue, mais j'ai une petite ardoise magique qui me permet de me faire comprendre ! Vous donnez du temps à quelqu'un, et il vous en donne ! Et la vison du pays que vous visitez change complètement.

J'ai beaucoup voyagé en Afrique, je suis né sur le continent africain. Un continent à mes yeux extrêmement beau. Visitez le Cap de Bonne Espérance … L'Afrique est un continent très puissant.

Un père. Mon père était journaliste. Passionné par son métier, il avait le goût de raconter des histoires. J'ai également ce goût.

La mer, une aventure difficile. Ma première expérience a été difficile. J'ai passé 65 jours et 65 nuits sur le « 33 export » pour suivre la Whitbread autour du monde (une course anglaise) en équipage avec escales. Le bateau recherchait un cameraman pour garder une trace de l'aventure. J'étais célibataire et cameraman … Ma première rencontre fut avec le golfe de Gascogne, endroit magnifique lorsqu'il fait très beau, mais qui tabasse lorsque le temps est mauvais. Vous imaginez ce que c'est pour quelqu'un qui n'est jamais monté sur un bateau. J'en suis sorti en aillant pris goût au monde maritime. Une question de rencontres. Faisant des quarts, pour moi c'était autant d'heures de discutions avec des gens passionnés. A mon retour, on est en 1973, après une petite étude, je me suis rendu compte que deux tiers du monde vivait de la mer. Qu'une équipe journalistique, si elle prend la mer pour sujet, a donc toujours un terrain de jeu inépuisable.

L'aventure « Thalassa ». « Thalassa » porte un titre latiniste en hommage à Xénophon. Une idée de mon père. Au début, « Thalassa », c'était 26 minutes par mois ! J'étais également rédacteur en chef adjoint du journal (une activité qui m'a également permis de faire des rencontres, notamment avec Yasser Arafat).

L'aventure proprement dite de l'émission a démarrée à Marseille. Une aventure qui se poursuivra avec de plus en plus de moyens car nous savions ce que nous voulions faire. Le fait de rester quatre ans à 26 minutes fait que nous avons créé une philosophie. Par exemple, le fait de tout de suite supprimer le vocabulaire maritime. Je ne voulais pas que « Thalassa » soit une émission pour spécialistes.

« Thalassa » est une émission de rencontres avec des personnages et des sujets d'actualité.

De l'écologie. Je ne suis pas militant, je donne des alertes. Mon rôle est de faire savoir. Je suis d'abord un cameraman. Je ne suis qu'un témoin. Je ne me donne pas le droit de donner des leçons. A l'école, vous savez, on apprend qu'il faut protéger la forêt amazonienne car elle capte 7 à 8% du gaz carbonique mondial. Nous nous sommes intéressés au plancton. Ce dernier absorbe 41% du gaz carbonique ! Si le plancton va bien, nous irons bien, s'il ne va pas bien, nous n'irons pas bien.

Il est important de sensibiliser les jeunes à l'écologie. Pour notre avenir.

Les plus beaux endroits du monde.

Doudinka. C'est certainement l'un des ports industriels les plus hauts sur le globe. En Sibérie. Un endroit dans l'océan arctique. Pour y aller il faut se poser à Norinsk (la ville que l'on dit la plus polluée du monde !), une gigantesque structure d'extraction de nickel qui travaille toute l'année, même pendant les quatre mois de nuit totale ! Quand on arrive à l'aéroport de Norilsk les lampes clignotent car elles ne sont pas bien branchées, les tuyaux dégagent de la fumée car ils ont des fuites … Le sol est gelé. On rentre dans une BD de Bilal. Doudinka, c'est la même chose avec un brise-glace qui tourne sans arrêt dans le port pour que l'eau ne gèle jamais … Ce sont des lieux extraordinaires où les gens sont extrêmement sensibles à la nature. Une personne marche sur le bord de la route, une voiture, un camion passe, il s'arrête. Dans cette région on prend soin l'un de l'autre. Il faut comprendre que les températures sont assez rudes ! Ce qui est supportable puisqu'on est équipé. C'est une région touchante. La population est venue à cause du goulag sur décision de Staline dans les années 30. En quelques générations ces personnes ont admis ce lieu et en parlent avec beaucoup de tendresse. L'Homme est capable d'oublier la difficulté, dans un décor extraordinairement beau.

Venise. Une ville qui pourrait bien être rongée par l'eau. C'est la ville des amoureux, un espèce de bijou né avec l'Histoire. Ce fut une ville très puissante. Seul Dubrovnik, un peu plus bas dans l'Adriatique, était sa concurrente. Venise était une ville de commerçants qui frappaient leur monnaie et qui avait leur armée. Chaque commerçant rivalisait avec l'autre, construisant de magnifique palais, s'enviant, se concurrençant … En faisant appel aux plus grands architectes de l'époque. Le meilleur moyen d'aller à Venise reste le train, de nuit. Car il arrive au milieu de Venise. Vous arrivez au petit levé, et vous êtes sur le grand canal. Venise peut se visiter à pied. C'est une ville magique.

Les grands navigateurs. Mon livre évoque notamment Eric Tabarly et Olivier de Kersauson. J'ai un regret, celui de ne pas avoir parlé de Florence Artaud. La mer lui doit beaucoup.

Des projets non réalisés. Il y en a certainement plein ! Vous savez, les grands projets demandent de l'argent. Des moyens.

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* Article synthèse des rencontres avec Georges Pernoud le 28 novembre 2015 au Salon de Loos et le 12 mars 2016 au Salon de Bondues. Rencontres dirigées par Frédéric Launay, journaliste.

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12/01/2021
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