La Mécanique du pire de Marco Pianelli

La Mécanique du pire de Marco Pianelli

Whooz : Marco Pianelli
ON : La Mécanique du pire – Jigal Polar, 2022

La Mécanique du pire de Marco Pianelli

Chronique de Bruno Delaroque

Quel plaisir de retrouver Marco Pianelli et son fabuleux justicier pour sa deuxième aventure dans cette « Mécanique du pire » parue chez Jigal. « L'ombre de la nuit » (Jigal Polar, 2021), premier opus du sieur était un condensé de tout ce que j'aime et une sacrée pépite. Avec « La Mécanique du pire » exit Paco Sabian, place à Mano Lander, une nouvelle identité, un nouveau départ pour ce mystérieux individu au cœur généreux.

On retrouve avec bonheur ce qui avait fait le succès du premier tome. Un style précis avec des descriptions ciselées et riches, un cadrage fluide comme au cinéma ; celui des grands comme Sergio Leone, alternant plans très serrés et larges, ou encore le cadrage ultra punchy d’un Tarantino quand il s’agit de bastons. La musique ici n’est pas celle envoutante d’un Morricone, mais celle voulue par la plume de Pianelli qui donne le tempo au fil des pages et des chapitres. C’est une partition pointue, haut de gamme dont on devine déjà qu’elle va déboucher sur une symphonie de mots et de maux. Le mouvement est à plusieurs temps, et une fois que vous lecteur, aurez adhéré, il ne vous sera plus possible de lâcher Mano Lander et sa soif de justice.

D’une situation banale et ordinaire, d’une rencontre fortuite, on est sûr que la mécanique du pire va se mettre en branle.

Mano croise la route de Marie, une jeune veuve dont le mari policier s’est « suicidé ». Bien dans l’air du temps, voilà le pitch de la quatrième de couverture.

Le deal est simple, il subsiste des zones d’ombres autour de Lucas le flic « suicidé » et Mano Lander va rapidement trouver quelques dossiers, du biscuit, bref de quoi pousser le bouchon plus loin. Il va se concentrer autour des agissements de la BAC 96, un service qui fait régner l’ordre sur son territoire avec de curieuses méthodes. Comme un animal sauvage qui renifle le sang, Mano va vite flairer que plein de choses ne collent pas, et c’est le genre de truc qui le dérange. Il va foncer tête baissée et employer toutes sortes de subtilités, d’astuces et d’intimidations pour remonter cette piste qu’il sent bien puante. Rétablir la vérité est son crédo et rien ne peut dès lors l’arrêter.

Il sait faire le Mano ; avocats, flics corrompus, mafieux de tous bords n’ont qu’à bien se tenir. Un Mano lancé à fond dans sa quête, c’est un tsunami à venir pour ceux qui se trouvent du mauvais côté.

Au milieu des loups, il faut agir comme une hyène et Lander sait nager en eaux troubles comme un soldat d’élite qu’il a été. Il sait à qui s’adresser et comment, pour déclencher des réponses et engendrer des réactions. Il sait que dans une guerre, la seule issue possible c’est de la gagner.

Mano Lander, c’est un peu Stallone +Van Damme+ Schwarzenegger réunis avec l’intelligence d’un Arsène Lupin et la bravoure d’un Indiana Jones. Il vaut mieux ne pas croiser sa route ou s’attirer ses foudres. Défenseur de la veuve et de l’orphelin, il a horreur de l’injustice et dans ces cas-là, sa morale de soldat au service d’une noble cause est un atout indéfectible. Manier les armes, il sait ; analyser une scène ou une situation rapidement tel un Terminator, il sait ; se battre à quatre contre un, il sait, mais ce qu’il sait par-dessus tout, c’est sentir la charogne et la pourriture chez un individu. Et là, il va être servi.

Ça castagne, ça réduit, ça exécute, ça pilonne, ça mandale, ça dézingue à vitesse grand « V ». La bête est lâchée et la chasse au gibier bien faisandé est ouverte. Pas de pardon et pas de rédemption. Notre justicier distribue les coups à bon escient et n’a pas besoin d’être masqué, car c’est un fantôme qui n’existe pas et reste insaisissable pour ses pires ennemis. Il devient leur pire cauchemar et hante leurs nuits.

Ce deuxième roman est aussi l’occasion pour Marco Pianelli de nous en dire un peu plus sur son fameux héros. Il lève un peu le voile sur son passé, lui donne de l’épaisseur, une vie, et nous le rend plus humain. Un brin d’humour un peu caustique pour aérer le scénario, et un lecteur qui est en permanence dans la tête de Lander permet au liseur de s’identifier à ce héros chevaleresque et presque sans faille. C’est parfaitement réalisé, Clint Eastwood et son Inspecteur Harry ont de la concurrence. Il n’y a certes plus l’effet de surprise du premier roman, mais on est dans un scénario de la même trempe, et ça se dévore autant que les coups pleuvent.

« La Mécanique du pire » est un sans-faute pour Marco Pianelli et je disais dans ma précédente chronique qu’il y avait tout pour faire une belle série. On dirait bien que l’auteur m’a entendu. A quand le troisième donc Monsieur Marco ? Après Paco et Mano, les paris sont ouverts pour la suite.



Marco Pianelli sur WHOOZONE.COM

L'ombre de la nuit

Chronique de Bruno Delaroque



Pour aller plus loin



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30/06/2022
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