Le meurtre d'O'Doul Bridge de Florent Marotta

Le meurtre d'O'Doul Bridge de Florent Marotta

Whooz : Florent Marotta
ON : Le meurtre d'O'Doul Bridge (Taurnada, 2016)

Le pont basculant de San Francisco

A la découverte d'un livre qui accumule les points positifs, « Le meurtre d'O'Doul Bridge » de Florent Marotta

Amateurs de purs polars bien noirs ou de Thrillers sanguinolents passez votre chemin ! Ou jouez la découverte d'un formidable opus signé par Florent Marotta : Le meurtre d'O'Doul Bridge (Taurnada). Lecteurs de policiers dits « classiques » vous ne serez pas déçus « Le meurtre d'O'Doul Bridge » est un ouvrage malin, non dénué de charme et qui suit son propos (quand tant s'éparpillent, voilà une très grande qualité). Le propos du « Meurtre d'O'Doul Bridge » n'étant autre qu'une enquête sur un assassinat, un meurtre ayant eu lieu près de l'O'Doul Bridge, l'un des ponts de San Francisco.

« Le meurtre d'O'Doul Bridge » suit donc l'enquête de Michaël Ballanger, coach de vie de son état, sur le décès d'un certain Calvin Tenesson, mari d'une de ses clientes, la riche présidente d'une industrie pharmaceutique. Le dernier numéro composé par Calvin Tenesson avant qu'il ne meure étant celui de Michaël Ballanger, il n'en faut pas plus pour que rapidement ce dernier soit soupçonné de meurtre aux yeux de la justice et de l'enquête mené par le lieutenant Larkin, flic borné. Par souci de justice (et avec une motivation toute personnelle liée a son passé) Ballanger se transformera en enquêteur peu ordinaire. 

Des personnages « normaux » (vivant l'extraordinaire)

Le personnage de Michaël Ballanger développé par Florent Marotta est à la fois un personnage dit à « failles », mais également un personnage terriblement « normal » (il faut saluer l'originalité de cet enquêteur, ce dernier ni policier, ni journaliste, juge ou avocat. Ballanger est « coach de vie »). Ballanger à été, en France, confronté à un tueur en série (« rien que ça ! » me direz-vous railleur ou plein de défiance, vous avez tord) et est devenu un coach (certes tourmenté de cauchemars) réputé et suivi aux States, un coach « simplement » bien amoché par la vie. Florent Marotta aurait pu noircir le tableau à loisir et tomber dans la « toomuchitude », ce qu'il n'a pas fait. Il rend ainsi son héros « proche » pour son lectorat (un héros qui a des problèmes de tout à chacun, notamment de famille). Un lectorat qui ne sera pas indifférent à le suivre dans sa quête de vérité sur le meurtre d'un homme pas aussi « innocent » que cela (on s'en doute). Qui était réellement ce Calvin Tenesson retrouvé mort dans le  quartier de Castro Street, le quartier gay de San Francisco ? 

Florent Marotta ne fait pas exister que son seul héros Michaël Ballanger, ses personnages secondaires sont à la hauteur de celui-ci et l'aideront dans son enquête (sa quête (intérieure)) : Sean Pilgrim, journaliste paranoïaque, Kim (call-girl apprentie psy) et Karine, la propre fille du héros venue en visite chez son papa. Autant de personnages à la psychologie travaillée. (Bon point !).

Passages forts, plages psychos, rêves/cauchemars d'un Ballanger torturé par son passé se succèdent dans un rythme soutenu – sans temps mort – dans un style fluide, au profit d'une histoire simple et assez  linéaire. Le lecteur est à égalité avec l'enquêteur. Et a la même envie que ce dernier de découvrir le mystère d'O'Doul Bridge. Un mystère qui l’amènera notamment a croiser la communauté gay de San Francisco ou encore un groupuscule nazi. Soulignons ici l'univers parfaitement documenté construit par Florent Marotta. (Ce que l'auteur nous avait déjà prouvé avec « Le visage de Satan », son premier roman sorti aux éditions Taurnada (2015)).

Avec « Le meurtre d'O'Doul Bridge » Florent Marotta franchi un cap dans son travail d'écriture. Auteur de quatre ouvrages publiés (dont trois aux éditons Taurnada dont il faut souligner l'originalité et la volonté de découverte de véritables talents) Florent Marotta ne s'est jusque là pas cantonné à un genre précis (même si l'on peut distinguer dans sa bibliographie son amour pour les univers « sombres » ce que compte justement « Le meurtre d'O'Doul Bridge »).

En d'autres mots « Le meurtre d'O'Doul Bridge » n'est autre qu'une bonne histoire, bien amenée, écrite dans un style fluide, et qui compte des personnages (originaux) à la psycho travaillée … « Le meurtre d'O'Doul Bridge » ne fait qu'accumuler les qualités. Attendons sa suite. Car suite il ne peut qu'y avoir. Tant mieux.

 

Pour aller plus loin sur WHOOZONE.COM

https://www.whoozone.com/actualites/article-3986-201604223986-le-visage-de-satan-de-florent-marotta.html

Pour aller plus loin

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30/01/2018
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