Igor et Grichka Bogdanov, la pensée de Dieu en question

Igor et Grichka Bogdanov, la pensée de Dieu en question

Whooz : Igor et Grichka Bogdanov
ON : L’Agora, la tribune étudiante de l’EDHEC Business School

Le mystère Bogdanov !

L’Agora, la tribune étudiante de l’EDHEC Business School, a tenté de partir à la rencontre des frères Bogdanov *. Le pari fut-il réussit, le pari était-il tenable d’ailleurs ? Les échanges furent pertinent (principalement autour de « La pensée de Dieu », leur dernier ouvrage, tout en évoquant nombres de théories scientifiques) et les frères ne manquèrent pas d’assurer le spectacle … en musique ! Bref, un moment « hors du temps », ou plutôt, a l’image du temps Bogdanov !

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A la question « qui êtes-vous ? », Igor répondra qu’ils sont des passionnés, qu’ils ont la passion de connaitre et de partager car la science est un trésor, « la démocratie par la connaissance est un facteur de redéploiement pour les siècles à venir afin que les civilisations soient plus équilibrées, voir plus moderne ». Grichka dira qu’ils sont des « vulgarisateurs » qui font reculer l’ignorance mais que leur passion va plus loin car elle les amène vers des territoires nouveaux. « La science est un territoire que l’on conquiert, mais qu’on n’occupera jamais ! ». « La conquête veut dire qu’on recule le seuil de la connaissance et celle de l’ignorance ».

« Il s’agit là donc d’un double défi », poursuivra Grichka, « car il faut distinguer la connaissance de l’ignorance et qu’ils rencontrent des oppositions. Des oppositions mécaniques liées au fait qu’il ne soit pas facile de faire reculer la communauté scientifique. Il est réellement difficile de proposer des idées nouvelles surtout sur des sujets aussi spéculatifs que les sujets abordés nos recherches, notamment celles portant sur l’origine de l’univers sans déclencher « la fureur » (cf : René Char) ou « le mystère » ».

Einstein et les frères Bogdanov

Les frères ont récemment affirmé dans le Point (ed. du 25 juin 2012) « Nous faisons partie de la même famille scientifique qu'Einstein ». Que signifie donc cette affirmation ?

Igor : « On voit aujourd’hui Einstein avec du recul, mais en son temps, il s’est battu avec la communauté scientifique. Il était d’ailleurs considéré comme un trublion ».

Grichka : « Cette phrase a un contexte précis. Nous ne nous identifions pas à cette grande figure de la physique. Cette phrase a une raison, le titre de notre ouvrage « La Pensée de Dieu ». Nous comprenons ce titre d’une autre manière que religieuse, nous le voyons comme Einstein. En 1920 celui-ci, répondant à une question qu’on lui posait sur ses recherches répondit : « Je ne suis pas intéressé par tel ou tel élément de la matière, ce que je veux comprendre, c’est la manière dont Dieu a créer l’univers. Je veux comprendre la pensée de Dieu, tout le reste n’est que détail ». Le reste n’est que provocation lorsque nous choisissons ce titre, et lorsque l’on nous pose la question « qu’est-ce que Dieu pour vous ? » (« Pourquoi parlez-vous de Dieu ? »), nous répondons cette phrase à ce journaliste du Point. Ce qui veut dire que nous pensons, comme Einstein, que l’univers n’est pas né au hasard, et lorsque Einstein se pose la question de savoir qui est Dieu, il répond que ce n’est pas le Dieu personnel de la Religion, mais que c’est le Dieu des philosophes, et plus particulièrement de Dieu de Spinoza. Ce Dieu là est apparenté à une cause, a un raisonnement rationnel, mais pas à un raisonnement de type « révélation » ».

« Cela veut dire « nous sommes de la famille de ceux qui pensent que ce Dieu de la raison, de la science doit être approchée rationnellement et non pas à travers une montagne de foi que l’on appelle la Religion ».


Les Bogdanov face aux critiques de la communauté scientifique

La magazine Marianne les a traité d’imposteurs et a été très virulent à leurs égards. Grichka dira qu’il existe quelques raisons à cela, et en particulier la notoriété médiatique qu’ils représentent.

Les frères reviendront ensuite sur les faits menant à la polémique soulevée par Marianne. Il s’agit d’un document fabriqué, à charge, et frauduleux. La polémique surgira en 2010 avec la parution de le leur ouvrage « Le Visage de Dieu », livre qui déclencha un phénomène médiatique (250 000 ex). Ce livre présente l’idée que l’univers ne soit pas né par hasard, ce qui prend à contrepied les idées de la science d’aujourd’hui pour qui l’univers est une immense loterie. C’est à ce moment que Marianne publia son article polémique mettant en cause les frères Bogdanov. Ceci à partir d’un document de 2003, provenant de l’université de Bourgogne, un rapport pour lequel les frères n’ont pas été consultés et qui n’a été ni signé ni daté. Ce qui est donc un document anonyme ! Ce rapport contient neuf erreurs, et part d’un document concernant la version préliminaire de la thèse de Grichka et non sur la thèse elle-même. Ce qui aura un effet boule de neige sur la communauté scientifique, en 2012. La personne qui est à l’ origine du scandale sera d’ailleurs jugée pour contrefaçon.

Les frères Bogdanov tiendront à préciser qu’une partie de la communauté scientifique s’est installée dans des théories qu’elle ne veut pas remettre en cause ! En particulier celles pour comprendre l’espace-temps au niveau infinitésimal, la longueur de Planck qui impose des limites à la physique théorique. « Au-delà de cette limite, toutes les théories sont valables, ou ne le sont pas » diront les frères Bogdanov. « Ceux qui s’aventurent au-delà de cette limite prennent un risque ».

Les frères diront passer des frontières généralement partagées, mais qu’ils sont « un peu solitaires ». Ils partagent leurs théories avec un certain nombre de scientifiques, dont le professeur Lubos Motl auteur de « l’équation Bogdanov » (ed. Presses de la Renaissance (2008)). Ce dernier a pris le parti d’essayer de comprendre ce que peut apporter à la théorie de l’origine et comment on peut, avec ce type d’approche, combler certaines lacunes de ce qui s’appelle « la gravité quantique ».

Grichka dira : « Souvent les physiciens ne sont pas armés pour comprendre le langage mathématique » (Grichka est mathématicien). Les physiciens utilisent un langage mathématique qui n’a pas vraiment évolué par rapport au langage mathématique ».

Les frères défendent la théorie des groupes quantiques ce qui leur a permis d’avancer sur des territoires que les physiciens n’explorent pas, qu’ils n’appréhendent pas. (Selon leurs propres propos) peu de scientifiques peuvent comprendre les Bogdanov, seuls ceux qui ont travaillé sur la zone de l’avant Big Bang peuvent les comprendre.

Les travaux des Bogdanov permettent de comprendre l’importance de ce que l’on appelle « le boson de Higgs », une découverte « fondatrice » car elle repose sur des phénomènes qui reposent sur le voisinage du Big Bang.


La Pensée de Dieu

Grichka : « Il ne s’agit pas de notre thèse, c’est la thèse de mathématiciens que nous avons rencontrés à travers notre livre (« La Pensée de Dieu »). C’est une thèse qui remonte à Leibnitz, le philosophe et mathématicien contredit par Newton. Leibnitz dit qu’il « existe une harmonie préétablie qui existe entre la loi physique et leur origine » ».

« Une loi physique s’écrit en terme mathématique, elle a pour origine une loi plus profonde qui est une loi mathématique, or, si une loi physique se teste avec des expériences, une loi mathématique se découvre. Les mathématiciens n’inventent rien ».

Les frères Bogdanov évoqueront ensuite le nombre Pi. (Grichka) « Pi peut se regarder comme un opérateur qui permet de calculer le rapport entre la circonférence d’un cercle et de son diamètre, on a une opération de l’esprit, mais cette opération ne nous dit pas ce qu’elle est en profondeur. Ce rapport-là ne peut pas être écrit nulle part dans l’univers. On ne peut pas écrire le nombre Pi sous forme d’un ratio, donc c’est un nombre qui n’est pas rationnel, donc c’est un nombre qui appartient a une classe qu’un certain nombre de mathématiciens ont découverts il y a longtemps a savoir qu’il s’agisse d’un nombre irrationnel et transcendant ».

Grichka dira qu’il va loin quand il regarde tous les chiffres du nombre Pi : 3,141593… car il apparait une suite qui va à l’ infini. « Si l’on assigne à chacun de ces chiffres le comptage d’une particule élémentaire dans cette salle, puis ensuite dans toute la France, et ainsi de suite … au bout d’un certain temps j’aurai compté, grâce aux décimales du nombre Pi, toutes les particules élémentaires de tout l’univers, et là , ce qui est extraordinaire, c’est que l’on continuera à égrainer à l’infini les décimales de Pi, or cette suite se déroule sans hasard. Le nombre de Pi se déroule à travers un algorithme, il ne se déroule pas au hasard mais il simule le hasard, et les mathématiciens disent que l’univers donne l’impression que tout se déroule au hasard, or tout est complétement contraint par des algorithmes que l’on ne comprend pas ».

« La seule chose dont on peut être certain c’est que Pi, qui est indifférent à la matière était présent avant la longueur de Planck ».

En guise de conclusion, et d’approbation, Igor ajoutera qu’il est « à 99% d’accord avec ce que dit Grichka ».
 


Les frères en tant que personnalités

Après avoir évoqué « La Pensée de Dieu » et autres thèmes cher aux frères, la rencontre aborda sa dernière partie plus centrée sur ce qu’incarnent les personnages des Bogdanov.

La question de la forme de leur visage fut posée, mais « bottée en touche » par Grichka : « On a toujours eut des sosies, et ceux-ci ont pris nos places ! C’est ce que nous vous révélons aujourd’hui ! ». « Résoudre « le mystère des Bogdanov » n’apporte rien ! ».

Pour recentrer le débat sur une question scientifique et d’actualité, les interviewers choisirent d’aiguiller les frères Bogdanov sur la question de la fin du monde.
 


La fin du monde

Grickka : « Nous n’avons jamais adhéré à cette stupidité qui consiste à dire qu’en 2012 il y aura la fin du monde avec cataclysme et compagnie, nous pensons qu’il s’agit d’un mythe hollywoodien … »

Igor : « Il existe une attitude catastrophiste qui consiste à dire que la colonne glaciaire fond … que l’homme est la source des maux ..., nous parleront plutôt de « crises locales ». La fin du monde aura lieu lorsque le soleil s’éteindra, lorsqu’il aura épuisé toutes ses ressources d’hydrogène, dans quelques milliards d’années – à moins qu’un géo-croiseur croise l’orbite terrestre ! ».


Les aliens.

(Au fil du temps de cette rencontre Grichka devient de plus en plus jouasse, plaisantant sur les questions posées …)

A propos des aliens, Igor évoquera la vraie fausse interview qu’ils ont un jour accordé au magazine VSD.

Grichka : « Une interview humoristique dont des fragments ont été extraits et pris pour argent comptant ». Puis, Grichka, d’une voix grave (telle qu’on la suppose d’un extraterrestre) dira : « Si nous étions d’ailleurs, croyez-vous que nous vous le révélerions ! » (rires).

Sur la vie extraterrestre, Igor apporta sa conception : « selon nous, ce qui s’est passé sur terre il y a trois milliards 800 millions d’années – la naissance de la vie – s’est obligatoirement reproduit ailleurs, car il s’agit du produit d’un scénario cosmologique qui repose sur des lois. Des lois physiques, biologiques, chimiques … astronomiques aussi. Et ces lois sont universelles, elles permettent à coup sûr d’en déduire que la vie est un phénomène émergeant des propriétés de l’univers. Les conditions ne sont pas si nombreuses que cela ».

Grichka ajoutera : « Et statistiquement, s’il existe 300 milliards de soleil, et un soleil sur mille qui soit susceptible d’abriter une bonne planète qui héberge la vie, cela fait 300 millions de systèmes dans notre univers ! ».

 

Les projets perso

L’adaptation de « La Pensée de Dieu » au cinéma. Actuellement le film est en phase de pré-production avec le studio 37 (« orange ») et la Warner, des contacts ont été pris avec Leonardo di Caprio.

Le film se fera-t-il ? Pour l’instant « les sensibilités sont partagées ». Les jumeaux joueront un rôle dans le scénario où la narration scientifique ne sera pas occultée. « On sera dans « la pédagogie illustrée » (ce que nous faisons déjà dans « temps X ») et en cela nous seront proche d’Einstein lorsqu’il dit : « ce qui compte, c’est d’avantage l’imagination que la connaissance ».
 


Le quart d’heure de folie.

Plus que les discours, ce qui restera en mémoire des participants à cette rencontre, c’est l’instant musical auquel se livra de bonne grâce les frères en s’accompagnant d’une guitare mis, « comme par hasard » à leur disposition.

Igor accompagna d’abord son frère à la guitare dans une caricature de flamenco (à la demande de la salle) puis Grichka se saisira de la guitare, lorsque les questions du public l’incitèrent a tenter une impro complète sur une caricature de chanson Allemande avec Igor en Lead vocal.

Des notes finales enjouées après un débat on ne peut plus riche, une parfaite soirée.

 

* le 25 septembre 2012 à l’auditorium de L’EDHEC Business School - Roubaix

 

Les frères Bogdanoff sur WHOOZONE.COM

Hommage à Grichka Bogdanoff

Hommage à Igor Bogdanoff

La pensée de Dieu en question - Igor et Grichka Bogdanov à L'Agora - la tribune étudiante de l’EDHEC Business School de Lille - Récit de la rencontre

La pensée de Dieu en question - Igor et Grichka Bogdanov au Furet du Nord de Lille - Récit de la rencontre

La fin du hasard - Igor et Grichka Bogdanov au Furet du Nord de Lille - récit de la rencontre

Le livre des Merveilles Technologiques

 

La fiche des frères Bogdanov :

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26/02/2014
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