Rencontre avec Nicolas Lebel et Fabio M. Mitchelli

Whooz : Nicolas Lebel, Fabio M. Mitchelli et Olivier Vanderbecq
ON : Humeurs Noires de Lille

La dernière escale du Corbac

Rencontre avec Nicolas Lebel et Fabio M. Mitchelli à la Librairie Humeurs Noires de Lille

En préambule à la dernière rencontre organisée par la Librairie « Humeurs Noires » de Lille, Olivier Vanderbecq dit « Le Corbac », libraire et Maitre des lieux, tint à élever Nicolas Lebel au grade de « Chevalier Ikéa » en l’honorant de la clé Ikéa qui lui revenait de droit. Une clé que l’auteur de « L’heure des fous » avait utilisée 19 mois auparavant (plus précisément le 10 décembre 2015) pour monter une grande partie des chaises ayant servies à la première rencontre d’HN. Oui, tout a toujours été convivial à la Librairie Humeurs Noires ! On se souviendra que cette première rencontre « opposait » Olivier Norek à Nicolas Lebel et que celle-ci fut la première pierre d’une grande aventure, celle de la Librairie Humeurs Noires de Lille, véritable lieu de passion. « La passion n’est pas compatible avec le réalisme économique » dixit Jean-Michel Isébe, Sérial lecteur, l’antre du « Corbac » a dû fermer ses portes. Les 19 mois « Corbesiens » ont été jugé comme être « une escale » dans la vie d’un Olivier Vanderbecq devenu un véritable « gourou du genre » dans le paysage du Noir français par Nicolas Lebel dans ses propos de remerciements. Quelle sera la prochaine escale du volatile ? (nous en avons une petite idée !).

Pour l’heure l’antre du « Corbac » accueillait Fabio M. Mitchelli autour d’« Une forêt obscure » (Coll. La bête noire, Robert Lafont, 2016) et Nicolas Lebel autour de « De cauchemar et de feu » (Marabout, 2017) pour sa dernière rencontre. L’ambiance était-elle à la nostalgie ? Non. L’ambiance fut telle que les habitués la connaissait, passionnée. Avec un Olivier Vanderbecq rebondissant sur les propos de ses invités dans une discussion fluide. Un Olivier Vanderbecq au sommet de son art.

Présentations d’usages

Fabio M. Mitchelli : J’écris du « True Crime », des livres inspirés de faits réels avec des tueurs en séries du XXème siècle. Essentiellement américain. Je ne vais pas tarder à m’intéresser à ce qui se passe en France car nous avons également un beau vivier de tueurs. Je construis des trames de fictions dans lesquelles j’injecte des faits réels. Je fonctionne par flashs ! Je me documente beaucoup en fouillant le net, sans cesse à la recherche d’infos pour mes bouquins, et je tombe souvent sur des histoires invraisemblables. Histoires à laquelle je m’intéresse parfois. Je pars sur des faits réels et ma trame fictionnelle se greffera en fonction des faits. Ce fut le cas pour l’histoire de Dahmer, le « Hannibal Lecter, en vrai », qui inspira notamment mon personnage de Blake dans « La compassion du diable » (Fleur Sauvage (2015), puis dans la collection « Milady Thriller » des éditions Bragelone (2016)). Jeffrey Dahmer est un personnage que le monde entier découvrit en 1994 en même temps que « Le silence des agneaux ». C’était la première fois que l’on parlait d’un tueur en série qui cannibalisait ses victimes. Dahmer m’intéresse pour son côté effroyable mais avant tout je ne veux pas tomber dans le « sordide ». Je ne m’intéresse pas à ces histoires pour les crimes en eux-mêmes. Dans le cas de Dahmer, j’ai été intéressé par son côté cannibale et son côté fétichiste. Je me suis intéressé à la mécanique psychologique qui a conduit Dahmer à commettre ses meurtres. Les tueurs en série font partie de notre société et sont construits par celle-ci. L’être humain naît sans vice, certains en grandissant subissent des fractures qui les conduisent au meurtre, c’est ce qui m’intéresse de savoir. 

Nicolas Lebel : J’écris des histoires. Des histoires plutôt noires car elles s’articulent autour d’enquêtes policières. Le Noir est ce que j’écris en ce moment. Mes premiers écrits étaient de l’Heroic-Fantasy, j’ai un projet de « blanche », j’ai travaillé à l’écriture d’un long métrage il y a peu – voilà. Pour résumer j’écris des histoires qui m’amusent (je rigole de choses bizarres parfois, je vous l’accorde). Ça peut être des enquêtes policières se déroulant dans le Paris d’aujourd’hui – vraiment d’aujourd’hui. Des histoires teintées d’actualité avec un climat politique, une évolution sociale – pour le meilleur et pour le pire. Je tiens à placer ces histoires dans un conteste réaliste. Même si je fais de la fiction. Car je crois que le Noir vient apporter une lumière sur notre quotidien. Sur notre société. C’est ce que j’essaie de faire à travers mes histoires.


L’observation de la société comme point commun

Nicolas Lebel : Le Noir est une littérature de la douleur. La douleur individuelle, celle par exemple de l’assassin et de comment il en vient à tuer, ou la douleur collective, celle d’une société qui dysfonctionne. Le Noir met en évidence des dysfonctionnements sociaux. Lorsqu’on en vient à tuer son voisin on peut dire que le « vivre ensemble » en prend un coup ! Le Noir s’intéresse à nous, à nous « ensemble ». L’objectif principal de notre société devrait être celui de vivre en harmonie, hors notre société se divise, se scinde. Elle est dans le retour sur soi, l’exclusion de l’autre, on a par exemple un rejet massif de minorités sexuelles ou encore communautaires. De plus en plus on a une émergence de force locales, voire très locales, et une recrudescence des extrémismes religieux ou politiques. Notre société part en puzzle, ce serait bien qu’on le réalise avant qu’il y ait une autodestruction. Je m’inscris dans cette veine-là, du Noir.

Fabio M. Mitchelli : J’utilise également les faits de société. Dans « Une forêt obscure » (Robert Laffont, 2017) je fais référence au naufrage de l’Exxon Valdez sur les côtes d’Alaska, un vrai drame social. Un drame avec un impact psychologique énorme notamment sur la société de Juneau, ville où se déroule en partie mon histoire. Le naufrage de l’Exxon Valdez a impacté quelques 2000 kilomètres des côtes d’Alaska. Cela à eut des répercutions économiques, écologiques et psychologiques. Les médias ont véhiculé la catastrophe écologique ainsi que la catastrophe économique et ont peu parlé de l’impact sur la population. Mes personnages de « La forêt obscure » sont tous traumatisés ! Ils ont tous ressenti et ont tous été impacté par le naufrage de l’Exxon Valdez. Le tissu social des villes côtières s’est dégradé. On a dénombré des dépressions, des suicides ou des violences conjugales. On a une société où tout se passait bien qui a été cassée du jour au lendemain par un géant du pétrole. En creusant j’ai découvert les dégâts humains causés par le naufrage. Dégâts peu relatés par les médias. Exxon a fait appel des condamnations pour les préjudices civils, celles-ci venaient après les condamnations à réparer les dégâts matériels, et a eu gain de cause. L’amande a été de cinq cent millions de dollars, ce qui est une goutte pour l’entreprise pétrolière. Ce dédommagement aurait servi aux gens dont on a brisé la vie, sur plusieurs générations.


De l’auteur « sociétal »

Fabio M. Mitchelli : Je m’intéresse aux tueurs en série, je ne suis pas un auteur sociétal. Lorsque je détermine ma trame de fiction je veux qu’elle soit réelle. J’utilise des choses réelles, concrètes, documentées.      

Nicolas Lebel : Si l’on juge que j’écris des faits ancrés dans du réel, dans « l’air du temps » (j’aime cette expression), je suis un auteur sociétal. Mon dernier bouquin parle des attentats qui nous ont frappés, je parle de la France de ces année-là, de « nuit debout » (mouvement important à l’époque, un nouvel espoir politique pour certain … tombé en désuétude). Mon livre dépeint la société dans laquelle on a évolué. Et qu’on a laissé derrière nous.

De la culture. Je travaille sur la société d’une manière multiculturelle. Ce que les lecteurs attendent d’un livre, c’est de la culture. On trouvera dans un livre des personnages et une histoire, ce qui va s’agréger avec du « sociétal ». Et immanquablement il y a une culture derrière ! Ce qui est notre terreau commun à tous ! La culture est constituée d’éléments qui nous appartiennent et nous unissent d’une manière ou d’une autre. Je pourrai écrire des livres se déroulant au fin fond du Mississipi ! Mais ils seraient sans doute moins intéressants. Ils ne parleraient pas de « notre » société. Nous avons négligé le polar français hors nous avons un terreau, une culture et une histoire d’une richesse incroyable – nous avons un vrai terreau pour créer des histoires en France ! Ma pulsion initiale à l’écriture d’un polar n’est certainement pas de faire de la série américaine. J’ai décidé de faire du polar à la française en suivant toute une lignée d’auteurs qui sont passés avant moi, Simenon, Vidocq, Manchette, Jonquet, Pouy … et même « Navarro ». Le polar français a été négligé au profit des Coben ou des Connelly ! Il y a possibilité d’inscrire des histoires dans une culture collective.


Du travail d’écriture. Spontané pour Lebel, méticuleux pour Mitchelli. 

Fabio M. Mitchelli : Je commence par un flash sur une affaire qui m’intéresse. Je ne commencerai pas à écrire de suite. Je vais d’abord me documenter, faire des recherches, me nourrir de presses ou de vidéos. Je constituerai un dossier que je compulserai régulièrement lors de ma phase d’écriture. De fil en aiguille je commence par construire une trame. La fiction ne vient pas tout de suite, je suis d’abord sur le réel. Je travaille sur des faits passés. J’ai des éléments, j’ai de la matière. Une fois que j’ai assez de matière, je constitue une sorte de « story board », un scénario qui synthétise tous les chapitres. Je commence à l’envers, j’écris un scénario qui synthétise le roman. Chaque chapitre sera court et fera quatre à cinq lignes. J’y décris l’événement qui s’y déroulera ainsi que les personnages qui apparaitront. J’avance ainsi, jusqu’à la fin. Mon plan n’est pas du tout figé. Mon plan sera modifié avec mon travail d’écriture. Des « cases » seront enlevées, des chapitres disparaitront quand d’autres apparaitront. Voilà ma méthode.

Nicolas Lebel : Une fois qu’on a des idées, celle, par exemple, de parler d’une empoisonneuse, il faut faire un travail de documentation. La doc est le nerf de la guerre, le lien essentiel, le ciment du mensonge. « Je vais vous raconter une histoire qui n’a jamais existée, les personnages qui la composent n’existent pas, mais en revanche vous allez me croire jusqu’au bout ». Voilà ce qu’est le pacte auteur/lecteur. L’auteur doit mettre le pacte en place assez rapidement et le faire accepter par le lecteur. En tant que lecteur vous êtes déjà tombé sur des bouquins qui ne signent pas le probable, et que vous avez jeté au feu dès les premières pages. Il faut trouver un équilibre délicat où le lecteur sait que ce qu’il va lire c’est de la fiction, et où pourtant il accepte de suivre les personnages jusqu’au bout, et en se disant : « quelle histoire ! ».

La documentation est donc très importante. Plus on est carré sur la doc, plus ce que l’on dit est réel, plus le reste passera. Avec le polar on est sur des faits réels, la documentation cimente le mensonge et fait accepter l’histoire au lecteur, qui sait qu’on lui raconte un mensonge et qui ne demande qu’à rêver. Pour reprendre ce que dit Umberto Eco.


De l’écriture et de la couleur

Fabio M. Mitchelli : Je travaille sur plan. J’agrafe sur mes murs une espèce de story board avec mes personnages et ce qu’ils représentent. Leurs âges, leurs traits de caractère … et chaque personnage possède sa couleur. La couleur me permet de repérer le ton du personnage. Par exemple, un personnage vicieux dans mon récit aura la couleur noire !

Chez moi, mon lieu de travail se situe dans mon salon ! Je travaille face à une fenêtre, et un mur à côté. Un mur tapissé de photos de la plupart de mes criminels ou de certains lieux également. Ce qui peut être troublant quand j’invite des amis (les rares fois où j’invite des amis ! (rire)). Alors, oui, les photos de Magnotta firent un peu « mausolée », il y en avait beaucoup car le tueur aimait ça. Il faut comprendre que cela fait partie de mon travail.

Nicolas Lebel : Fixer ses idées demande une organisation implacable. Après les avoir écrite il faut les canaliser, les organiser, à mort. Perso je développe l’idée de mon livre petit à petit. Pour mon quatrième livre sa difficulté fut d’écrire en diachronie c’est-à-dire sur deux plans temporels sachant que le présent enquêtait sur le passé. A un moment de l’écriture je me suis aperçu que je ne savais rien du passé de mes personnages car je ne leur avais pas écrit de passé ! J’ai donc écrit tout le passé, et ensuite dans la construction a postériori j’ai remis les choses dans l’ordre.

Ma différence avec Fabio c’est que je fais de la fiction, lui travaille sur du réel. Notre manière de travailler est forcément différente. Je pars d’une idée, et je vais chercher ma documentation pour l’étayer. Fabio part d’une documentation déjà existante. 


De la documentation et du « coup de fil à un ami »

Nicolas Lebel : Lorsqu’on écrit il est essentiel de ne pas trahir le lecteur. Un lecteur trahi est un lecteur trahi pour toujours. Le lecteur trahi ne revient pas ! Il faut donc s’assurer que tout ce que l’on dit soit vrai. La documentation est donc un élément essentiel à l’écriture. La documentation prend un temps fou, et pour le peu qu’on soit curieux, sur internet, on perd un temps fou. Sans pour autant avoir trouvé l’info que l’on cherchait au départ ! Ce qui est une grosse perte de temps. Dans le cadre d’un roman il faut être carré, rigoureux. Quand on cherche une info on veut la véritable info et pas ce qui est raconté ou du bavardage. La recette magique qui me fait gagner du temps, c’est, plutôt que de lire tout ce que je peux sur un sujet, c’est de lancer une alerte sur internet du genre « qui connait quelqu’un qui … » ou de repérer l’émetteur d’une info et de la contacter. C’est ce que j’appelle le « coup de fil à un ami » ! Ce qui vous fait gagner un temps fou car avec votre source vous allez directement aux vrais questions. 

Fabio M. Mitchelli : On a souvent des difficultés dans les petits détails que l’on dirait facile à trouver ! Pour trouver des éléments sur la nécrophilie (à propos de Jeffrey Dahmer) je me suis bien sûr intéressé au phénomène. J’avais, par exemple, entendu parler d’une histoire d’odeur corporelle inhérente aux nécrophiles, j’ai donc cherché et trouvé des détails sur ce phénomène et c’est devenu quelque chose d’important pour « La compassion du diable ». La sueur n’a pas d’odeur, c’est les bactéries qui lui donnent de l’odeur. L’alimentation influe également sur l’odeur. Si le corps humain ingère de la viande humaine il se crée une réaction chimique qui, notamment, passe par la sueur. Je voulais savoir si c’était vrai, et cela m’a été confirmé par un médecin et par mes recherches sur le Net. Je suis « pro-net ». Sur le Net mes recherches sont cadrées afin que je ne m’éparpille pas. J’ai maintenant mes sites favoris auxquels je me réfère en étant carré afin de ne pas m’éparpiller.


Des personnages

Nicolas Lebel : Mon personnage de Mehrlicht n’existe pas, et pourtant on en a tous rencontré un bout ! Il a la gouaille de Bourrel des « Cinq dernière minutes », le côté bourru du Maigret interprété par Jean Richard, l’imperméable de Columbo et la tête improbable de Paul Préboist. J’ai créé un personnage extraordinaire très ordinaire. Un personnage lambda bouffé par la clope et par plein de choses. J’ai constitué Mehrlicht à partir d’éléments assez anodins. Le fait de l’avoir constitué de pleins d’éléments fait le personnage. Un personnage que je mets dans la société d’aujourd’hui. Mon personnage passerait inaperçu dans les années 50 ! Il serait peut-être même un personnage secondaire. Le mettre à l’heure des téléphones portables, des attentats etc … en fait un personnage extraordinaire.

Fabio M. Mitchelli : Certains de mes personnages existent ou ont existé. Je peux les modeler ! Mon personnage de Blake dans « La compassion » est différent que celui de Dahmer.

Louise Beaulieu, dans « Une forêt obscure », est un personnage de fiction. Elle a son propre vécu, ses propres traumatismes, c’est un personnage borderline. Depuis Olivier Marchal et les « Braquo », en France, on a l’habitude de voir des flics borderline. Marshal a démontré le côté « noir » de la police, de ce que vivent les flics de terrain, ce qui n’est pas un cliché. Avec mes personnages je ne voulais pas tomber dans les clichés. Beaulieu est accroc à la bouteille, et aux jeux (je voulais en faire une addict au sexe, j’en ai fait une addict aux jeux ! (rire). L’addiction aux jeux est assez originale pour une femme). Je lui ai donné cette addiction car mon voisin de palier est accroc au poker en ligne !


L’avenir

Nicolas Lebel : Mehrlicht est toujours dans les tuyaux de la télé ! Je m’associerai alors pour éviter une trop grande « trahison ». J’ai une idée sur mon personnage. Il y aura des renoncements, c’est sûr.

Fabio M. Mitchelli : Aucun auteur ne dira qu’il n’a pas envie que ses personnages ne soit pas à l’image ! « La verticale du fou », mon premier roman, avait intéressé une maison de production. Le projet a été abandonné il y a deux ans.


Clap de fin

Olivier Vanderbecq : Merci Fabio, merci Nicolas. Je vais vous laisser, je vais aller pisser et fumer ma clope. C’est ma phrase rituelle. A l’assemblée : Ils sont à vous, profitez-en !

C’était la dernière fois qu’Olivier Vanderbecq prononçait sa phrase « fétiche ». Il se leva, et alla donc « fumer sa clope », sans d’autres mots. Avec sans doute un pincement au cœur.

La rencontre se poursuivit par des conversations individuelles lors des dédicaces. Puis Nicolas Lebel et Fabio M. Mitchelli signèrent le mur de la librairie. Ils furent donc les derniers auteurs à parapher le mur de la cave de la librairie. Nicolas Lebel était le premier à y avoir apposé sa griffe, l’histoire retiendra qu’il en fut l’avant dernier. Fabio M. Mitchelli « clôtura le chapitre » du « temple du polar » (cf, Nicolas Lebel).

 



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17/11/2017
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