Je suis un guépard de Philippe Hauret

Je suis un guépard de Philippe Hauret

Whooz : Philippe Hauret
ON : Je suis un guépard - Jigal polar, 2018

Je suis un guépard
de Philippe Hauret

Chronique d’Eppy Fanny

Une belle découverte que ce roman de la plume de l'ami Philippe.

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4ème de couverture :

Le jour, Lino, employé anonyme d’une grosse boîte, trime sans passion au 37e étage d’une tour parisienne. La nuit, dans son studio miteux, il cogite, désespère, noircit des pages blanches et se rêve écrivain…

Un peu plus loin, Jessica arpente les rues, fait la manche et lutte chaque jour pour survivre.

Deux âmes perdues qui ne vont pas tarder à se télescoper et tenter de s’apprivoiser, entre désir, scrupule, débrouille et désillusion…

Jusqu’au jour où Jessica fait la connaissance de Melvin, un jeune et riche businessman qui s’ennuie ferme au bras de la somptueuse Charlène.

Deux univers vont alors s’entremêler pour le meilleur et surtout pour le pire…

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L’histoire :

Le service militaire à une époque où il existait encore. Lino et son pote Tony. Deux jeunes plein de rêves et de projets. L’un veut être écrivain, l’autre pâtissier. Des manœuvres à la con pendant les classes, un accident, et des rêves qui tournent court.

Lino sera alors classifié P4 et rendu à la vie civile.

Changé à tout jamais.

Nous le retrouvons dans un job banal, enfermé pour la journée dans une des tours de La Défense.

Son exutoire à cette vie monotone, lui qui a été avalé par ce système qu’il exècre, comme des milliers d’autres, ce système déshumanisé, c’est l’écriture (puis il y a  l’alcool aussi).

Le soir, lorsqu’il retrouve son studio, via son traitement de texte, il offre à ses héros la vengeance à son quotidien étouffant, celle à laquelle il aspire et leur permet de briller, faute de briller lui-même.

Un soir, devant son palier il trouve une SDF, et alors son quotidien va être chamboulé. Irrémédiablement.

Extrait page 35 :

« Ce fût l’odeur du café qui le réveilla.

Elle était assise dans la cuisine, habillée, coiffée, maquillée, ses joues avaient légèrement dégonflé. A la découvrir ainsi débarrassée des stigmates de la rue, Lino avait l’impression d’avoir affaire à une autre personne. La belle derrière la bête, un truc dans le genre. »

La cohabitation « charitable » va prendre une tournure plus charnelle. Elle lui fait du bien cette fille. Lui donne envie de s’ouvrir aux autres. De croire à quelque chose.

Mais elle fait partie de ce peuple de délaissés, abandonné par la société. Elle n’est que colère contre ce système qui l’a laissé de côté. Elle gronde, mord et bouillonne.

Il faut dire que cette colère a des raisons d’exister : une famille en miettes, un père violent. La mère partie depuis longtemps. Le père lui en veut, à elle. Un soir, la raclée de trop. Tel un guépard elle va fuir pour survivre. Finalement son père termine au gnouf et elle en famille d’accueil. Une gentille famille. Mais elle n’est plus capable de vivre « normalement ». A 18 ans elle taille la route. Tente le boulot, mais les contraintes, non sans façon. Et c’est comme ça qu’elle se retrouve à faire la manche. Et finalement devant la porte de Lino.

Extrait page 44 :

« - Dis-moi, Lino, c’est quoi ton rêve ? Gratter toute la journée et t’offrir un restau chinois en fin de mois ? Voir la mer une semaine par an, être en règle avec les impôts ? On t’a pas dit que la vie est courte, imprévisible et dangereuse ? Moi, je veux pas de ce type de contrat en bois. Tu saisis ? Je rentrerai jamais dans leur système. Je les emmerde. Je préfère la rue plutôt que de bosser pour une misère. »

Une envie de weekend et de voir la mer exprimée par Jessica, voilà lino qui « emprunte » de l’argent à sa Sté. Il veut faire plaisir à son impatiente. Apaiser cette colère en elle.

Cet « Emprunt » coûtera sa place à la jeune mère célibataire responsable du coffre. Lino sentira le poids de la culpabilité peser.

Un jour un portefeuille tombe d’une poche devant Jessica. Elle le ramasse et garde la somme importante qu’il contient. Sans état d’âme elle va ensuite le restituer à son propriétaire. Le jeune homme possède des boutiques de fringues de créateurs et lui offre un job. Il s’agit de Melvin, qui s’ennuie dans sa vie. Le charme sauvage de Jessica l’a mordu au cœur. Il a pourtant à ses côté une femme sublime.

Jessica doit composer pour rentrer dans le moule d’un milieu qui n’est pas le sien. Et faire face aux contraintes liées à un emploi. Puis toutes ces belles choses… Que de tentations.

Melvin va inviter le couple Jessica – Lino à un dîner. Lino ne se sent pas à sa place. Jessica et sa franchise s’y font remarquer. C’est que les amis de Melvin n’ont pas la même vision du monde qu’elle. Ce côté sans-filtre plait de plus en plus à Melvin qui les convie à une partie de chasse dans sa résidence secondaire. Il faut dire que Jessica lui laisse à penser qu’il a ses chances…

Mais l’on n’apprivoise pas un animal sauvage. Surtout lorsqu’il a été irrémédiablement blessé.

Lino comme Melvin en feront les frais.

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L’avis d’Eppy

Un roman noir et dense. Des êtres écorchés vifs. Une peinture sociale sans concession.

Bravo Philippe ! Un très bon moment de lecture.

 

 

Philippe Hauret sur WHOOZONE.COM (Chroniques de Bruno Delaroque)

En moi le venin

Ange

 

Pour aller plus loin

 

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15/04/2021
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