Rencontre Découverte avec Valery G. Coquant

Rencontre Découverte avec Valery G. Coquant

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Rencontre avec
Valery G. Coquant       

Rencontre avec un auteur et son héros

Article de D.W. (très vif remerciements à Valéry G. Coquant et aux éditions Saint Martin)


Verjat, un héros

Avant de rencontrer Valéry G. Coquant, rencontrons Verjat son personnage récurrent via « Verjat et la disparue de Tourbaix », le dernier opus de ses aventures.

« Verjat et la disparue de Tourbaix » est la cinquième aventure du Capitaine Verjat, héros créé par Valéry G. Coquant, écrivain à la bibliographie maintenant bien étoffée. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu l’intégralité des opus du policier pour appréhender le personnage – un héros attachant, que l’on voudra découvrir « a postériori » (dans « Hôtel de France », le premier tome de ses aventures, par exemple).

« Verjat et la disparue de Tourbaix » permet de faire un parallélisme entre un certain Maigret (rien de moins !) et le personnage de Valéry G. Coquant. « Verjat et la disparue de Tourbaix » commence un peu comme « Les vacances de Maigret », Maigret/Verjat est appelé par un vieil ami pour enquêter « hors protocole » sur un mystère – ici la disparition de la femme de son ami Jacoby. S’en suivra une enquête avec son lot d’évènements et de rencontres (ce qui est très important pour Valéry G. Coquant) au cœur d’une sombre réalité (ceci pour le dénouement de l’enquête). La force de Verjat est d’être un héros du quotidien loin des stéréotypes du flic de littérature. Verjat à femme et enfant, et une hiérarchie que tout à chacun peut appréhender. Verjat un super-héros ? Non. Un personnage intègre, oui – un personnage qui doute (une autre force du héros créé par Valéry G. Coquant). Un héros aux histoires écrites dans une langue très maitrisée, fluide, dans un style souvent sec, épuré.


Valéry G. Coquant, auteur

Après avoir rencontré Verjat via son dernier opus, partons à la rencontre de son auteur.

Qui êtes-vous, Valery Coquant ?           

Ce n’est pas la question de je préfère ! Je suis quelqu’un qui a fait de multiples choses. De 25 à 35 ans j’ai travaillé en usine, dans l’immobilier … avec un point fixe, l’écriture. Une façon de me vider la tête, d’évacuer le stress du quotidien. D’écriture en écriture je mettais mes constats (mes « combats ») sur la vie autour de moi. Des histoires ont ainsi germées, c’est ainsi que sont apparus certains personnages et par voie de conséquence, certains bouquins. C’est ainsi qu’est né l’un de mes premiers livre : « Tous les possibles » (Ed. St Martin).


La transition idéale pour que vous nous évoquiez votre bibliographie

« Tous les possibles » (2004), c’est de l’autofiction. Cet ouvrage a obtenu le « Prix d’excellence de la Renaissance Française ». Ce livre a coïncidé avec les premiers pas des éditions St Martin.   

« Hôtel de France » (2009) correspond encore à ma période « autofiction ». C’est un livre charnière entre l’autofiction et le policier. Maxime Jacoby, mon héros, fait croire qu’il est étudiant à ses parents et passe son temps à l’Hôtel de France de Lille. Ce jeune se fera embaucher par Maitre Durand-Slingard, notaire. C’est ainsi que j’introduis une trame policière avec un certain lieutenant Verjat. Je ne savais alors pas que Verjat avait l’étoffe de devenir un personnage à part entière.

Le premier « Verjat » sera : « La Reine d’argent » (2010/2011). Un livre sur le milieu des collectionneurs de voitures anciennes. Un milieu où certains sont prêts à tout pour s’accaparer de la pièce rare (ce qui est valable pour de multiples collections). La « recette Verjat » est ainsi faite : chaque enquête permet de découvrir un univers particulier. Je tiens également à préciser que chacun de mes livres est indépendant mais qu’ils possèdent quelques passerelles entre eux.

« Les médiocres » (2013) m’a été inspiré par une affaire étouffée d’agressions d’huissiers dont j’ai eu la connaissance quand je travaillais sur Dunkerque. Avec Verjat j’aime placer mon personnage au milieu de microcosmes particuliers. « L’affaire JC » (2014) se déroule dans le milieu de l’édition, « La disparue de Tourbaix » (2015), dans les milieux médicaux.              

A côté de mes activités « policières » j’ai écrit chez « France Empire » un livre sur Romain Gary, et un livre sur Onassis, ses combats, ses amours, son drame. Un livre qui a bien marché, j’ai notamment été interviewé par Stéphane Bern pour son « Secrets d’Histoire » sur Maria Callas.   

« Confidences entre les lignes » (2016), est mon dernier livre en date. Les éditions Saint Martin et moi avons attendu un contexte plus « calme » (je veux ici évoquer les événements du 13 novembre 2015) pour sortir mon nouvel opus. Après les attentats de novembre les lecteurs n’avaient vraiment plus la tête à acheter et lire des livres, d’où suspension des livres à éditer chez « Saint Martin ».    

« Confidences entre les lignes » est un livre bilan où je fais le point sur mes expériences d’un auteur publié dans une petite structure et de son parcours de publication dans une structure parisienne où je suis connu comme un auteur de biographies. Je juge le milieu de l’édition comme un milieu compartimenté et frileux. « Confidences entre les lignes » est un roman qui file des tuyaux à un jeune auteur pour ne pas se faire piéger par le milieu. C’est un livre écrit d’une manière ludique par rapport à la disparition d’un écrivain qui permet de découvrir le milieu. Comment ça se passe avec les « concurrents » ou les amitiés qui se créent. Dans « Confidences entre les lignes » je rends hommage à des personnes qui m’ont donné des coups de pouce, « Confidences » c’est tout ça.


Qui est Verjat ?              

C’est un lieutenant qui est passé capitaine au fur et à mesure du temps. Un type qui se pose une multitude de questions. Au fil du temps il est devenu un jeune père de famille. Il habite rue Molière, à Lille (près de l’Hôtel de Ville). Dans « La Reine d’argent » on apprend qu’il a grandi dans le quartier du nouveau Roubaix. Avant de devenir policier il est parti à New York, mais pour vite revenir en France. Là il a passé le concours pour intégrer « La grande maison ». Il y a trouvé un univers, et il y a trouvé sa place. Il aimerait néanmoins que les hautes sphères le laisse travailler en paix. Verjat a un côté consciencieux, il aime que les choses soient bien faites, avec un côté éthique du métier.

Verjat fut briefé par son supérieur, le commissaire Perly, avant de l’être par la commissaire Mansoni. Un petit bout de femme sèche, de 35 ans, qui protège Verjat des pressions politiques.

Enfin, Verjat est amateur, fan, de la Citroën DS, sa voiture privée. IL n’est pas exclue qu’on la croise aux détours de certains paragraphes.

Verjat a trois types de lecteurs :                                                                                                                                                       
- L’amateur de romans policiers, ce dernier s’intéressera à la trame policière du livre.
- Le lecteur voyant Verjat comme l’opportunité de découvrir des univers différents.
- Le lecteur qui lit Verjat pour Verjat. En Salons, ce troisième type de lecteurs me parle de mon héros comme d’une connaissance. J’en suis content, cela signifie qu’une étape est passée.


Quels rapports entretenez-vous avec vos personnages ?         

Au fur et à mesure du temps mes rapports ont évolués. L’inventeur n’est pas forcément le patron. « La Reine d’argent » possédait un personnage qui s’appelait Figasse, un ferrailleur. Un homme de main pensé pour être le personnage d’une page. Celui-ci facilitait la résolution de l’enquête ! Ce Figasse ne pouvait pas simplement être traité que dans un paragraphe. Il est ainsi devenu ce qu’il est dans « La Reine d’argent ». Je lui ai accordé plus de place. D’un personnage secondaire il est devenu un personnage de premier plan. Figasse devait avoir cette place.


Quel est votre domaine d’inspiration ?

Pour Verjat : le quotidien. Ma lecture de journaux et ce que je vois de droite à gauche, par exemple, une personnalité qui me frappera. Mes personnages apparaissent et en fonction de leurs caractères l’intrigue se met en marche. J’aime savoir quand un personnage lambda bascule « du côté obscur ». Ce qui l’amène dans son passé, dans son parcours, à l’inéluctable. Une fois le dérapage fait, Verjat interviendra.

Je ne cherche pas loin mes thèmes d’inspiration pour mes Verjat. Pour mes autres œuvres romanesques je m’autoriserai plus de liberté. Il n’en sera pas de même pour mes écrits ou mes romans historiques où je reconstitue des univers.


Quelles sont vos influences littéraires ?             

Mon coup de foudre littéraire : Romain Gary. Mon écrivain fétiche. Un écrivain qui m’a posé problème quand j’ai décidé d’écrire, j’avais 18/20 ans. « Que vais-je apporter derrière Gary ? » fut la question que je me suis posé, celle-ci m’a bloqué pendant un an jusqu’au moment où je me suis rendu compte qu’un auteur parlait de son époque. Mes livres sont des polaroïds de notre société. Gary fut un témoin de son temps, le vingtième siècle. Je suis né au vingtième siècle, mais je vie au 21ème siècle. Je rends compte de mon époque. Comprendre cela m’a apaisé par rapport au complexe de l’ordre tutélaire de Romain Gary.

Je vis au 21ème siècle. J’écris sur le 21ème siècle.


Quelles sont vos influences cinématographiques ?

Verjat a un regard sur notre société, frappé que le regard des gens sur les autorités qui représentent l’ordre ai changé. Le cinéma des années 70 présentait une autorité policière respectée.

J’apprécie fortement le cinéma des années 60/70 et celui des années 90. Je suis particulièrement sensible au Melville des années 60 et son économie dans les dialogues, ses silences également. Je pense ainsi à Verneuil et son « Clan des Siciliens », ce qui m’amène au cinéma des années 70, aux Granier-Deferre, Dewaere et Labro. Olivier Stone est lui un cinéaste des années 90.


Quel est votre process de création ?

Mes policiers sont structurés. J’ai une idée claire et précise de la mécanique à mettre en place. L’écriture d’un polar est une horlogerie avec une trame précise, minutée. Elle nécessite un squelette. Je dresse donc un plan, une sorte de chemin de fer, ce qui me permet de vérifier si mon intrigue est crédible. Une fois cette étape faite, je passe à l’écriture. Avec « Tourbaix » je commence à avoir une certaine pratique. La gestation va de mieux en mieux. Verjat a néanmoins ses contraintes, ce n’est pas une partie de plaisir.

Une biographie sera construite avec la même rigueur à laquelle s’ajoutera ma formation d’historien avec un travail en amont assez important.

Un roman est lui plus « libre », presque une récréation. Un ouvrage qui sera construit avec rigueur mais dont la trame sera malléable, non figée.


Quels sont vos projets, Monsieur Coquant ?

J’aborde mon activité avec humilité, authenticité et surtout avec cœur. Ce qui doit se sentir entre mes lignes. D’une certaine manière je m’amuse bien. Je suis bien dans ce que je fais. Si le créateur éprouve du plaisir à créer, alors le lecteur aura du plaisir à la lecture.

Actuellement j’écris un roman historique dont le titre sera « Slava ». J’ai une touche avec une maison d’édition parisienne ce qui sera une marche supplémentaire après avoir été édité chez « France Empire », une autre étape.

Je prépare également un Verjas qui sera dur. Son titre sera « Dédé le marteau ». Dédé étant un personnage complètement négatif, un type barré, assez flippant, sans conscience entre le bien et le mal (un personnage tirant parti de tout). Dédé dérapera, ira loin. Ce qui attirera le dégout de Verjat.       

 

Valéry G. Coquant sur WHOOZONE.COM

Rencontre avec Valéry G. Coquant

Verjat et la disparue de Tourbaix

Bijouterie Impériale

Ecrin Royal

Slava, le secret des Grychenko

Pour aller plus loin

https://www.aventure-litteraire.fr/

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18/05/2016
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